Vridi : que deviennent Toviato et Petit-Bassam après le déguerpissement ?
Postée le 24-06-2026 / 13 Vues

Il y a deux semaines, les moteurs de démolition s'abattaient sur les quartiers de Petit-Bassam et Vridi-Toviato, à Port-Bouët. Après Campement et Zimbabwe, c'était au tour de ces deux zones riveraines de la plage d'être rasées, au nom de l'assainissement et de la libération des entreprises publiques.

Les quartiers Petit-Bassam et Vridi-Toviato ont été rasés les 8 et 9 juin 2026, sans solution de relogement pour les habitants. Deux semaines après, les familles dorment encore sur les déclins, sans eau, sans électricité, sans toilettes. Didier Drogba est particulièrement destiné à aider à la construction de cités de relogement. Les habitants récl ament un toit durable pour se reconstruire. Une équipe de Linfodrome était retournée sur les lieux du déguerpissement . Que sont devenus les habitants ? Que reste-t-il de ces vies déracinées ? Reportage

Un déguerpissement brutal

Le 8 juin, les bulldozers sont entrés dans Petit-Bassam. Le 9 juin, c'était au tour de Vridi-Toviato. En quelques heures, des centaines de familles ont vu leurs abris s'effondrer, important avec elles des années de vie, des souvenirs, des repères. Certains avaient été prévenus, d'autres non. Mais dans tous les cas, l'annonce n'avait pas préparé à la violence du geste. Sur le terrain, les témoignages sont bousculants. Une femme, les yeux encore humides, raconte : « On a tout perdu. Le lit, les habitudes, les papiers. On n'a rien pu sauver. » Un homme, ancien habitant du quartier, venu constater les dégâts, ajoute : « Certaines personnes se préparaient, d'autres non. Mais même ceux qui savaient n'ont pas eu le temps d'agir. C'était brutal, inhumain. » À Petit-Bassam, la désolation est totale. Les maisons en tôle et en bois ont laissé place à des amas de débris, des planches tordues, des bâches déchirées. Mais les habitants, eux, sont restés. Ils ont installé leurs quelques biens sur les déclins, sous des toits de fortune.

Nous, on n'a nulle part où aller 

Certains dorment à même le sol, entourés de leurs enfants. « Nous, on n'a nulle part où aller », confie une mère de famille, assise sur un banc. « Depuis les déguerpissements, on est ici. Les pêcheurs nous apportent du poisson quand ils en attrapent. On prépare, on mange, on dort, et on recommence le lendemain. » Elle désigne du regard les bâches qui leur servent d'abri. « Quand il pleut, l'eau passe partout. On a froid, mais on ne sait pas où aller. » Les conditions sanitaires sont précaires. Pas de toilettes, pas d'eau courante. « On va derrière la route, dans la brousse », explique-t-elle. Les enfants jouent au milieu des gravats, sous le regard désemparé des adultes. Une autre habitante, un bébé dans les bras, lance un appel désespéré : « Nous, on ne demande pas la charité. Sur demande juste un endroit pour vivre dignement . »

L'appel aux célébrités et aux autorités

Au fil des rencontres, un nom revient a été dit. Celui de Didier Drogba. L'ancien footballeur ivoirien, ambassadeur de la paix et figure de générosité, incarne un espoir. « Papa Drogba, tu as toujours été le Daisoko de notre cœur. Tu entends ce qui se passe, tu vois les images. Tu as été ambassadeur, tu peux faire des cités pour nous aider », lance un jeune homme devant notre caméra. Les dons ponctuels ne suffiront pas. Ce qu'ils demandent, c'est un toit durable, une solution qui leur permette de se reconstruire. « Si on peut nous loger, ne serait-ce que trois mois, on commencea à payer ensuite », propose cet habitant. « C'est mieux que de rester là, à errer. » Une autre lance un appel aux autorités : « Si la population souffre, ça augmente le taux de criminalité. Les gens n'ont pas de quoi dormir, ils sont désespérés. Qu'on nous aide avant que la situation ne dégénère. » Près de 400 personnes parviennent dans les zones démolies. Aujourd'hui, elles sont dispersées, sans ressources, sans perspectives.

Deux semaines après le passage des bulldozers, rien n'a changé pour les déguerpis. Ils survivent, s'accrochent à leur dignité, et espèrent. Ils veulent être vus, entendus, aidés. Pas seulement par des promesses, mais par des actes concrets.  Le déguerpissement de Petit-Bassam et Vridi-Toviato n'est plus un simple fait divers. Il révèle l'absence de politique de relogement et le sort réservé aux plus vulnérables. Alors que les bulldozers sont repartis, la détresse, elle, est conservée. L'appel à Didier Drogba n'est qu'un cri parmi d'autres, un symbole de l'espoir que les mots peuvent encore susciter. C'est une politique publique qu'il faut bâtir, pour que chaque habitant d'Abidjan ait droit à un toit, à une vie digne, à un avenir. Lire la suite sur https://www.linfodrome.com/societe/122775-vridi-que-deviennent-petit-bassam-et-toviato-apres-le-deguerpissement

 

Mots clés: #Vridi #Toviato #Petit-Bassam
Source : LINFODROME
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