Par Reliou Koubakin
Quatorze personnes ont été interpelées au Sénégal pour pédophilie en bande organisée. Les défenseurs des droits humains appellent á des sanctions exemplaires.
Au Sénégal, la police a démantelé un réseau international de pédophilie. Quatorze personnes ont été interpelées. Toutes de nationalités sénégalaises, elles sont accusées notamment de pédophilie en bande organisée.
Quatre d'entre elles auraient agi en contrepartie d'argent, sur instructions d'un Français arrêté en France l'an dernier. L'affaire choque au Sénégal et les organisations de droits de l'Homme appellent
à des sanctions exemplaires. Selon nos informations, environ 150 enfants pourraient avoir été victimes de faits de viols.
Appels à la protection des enfants
Preuve que le sujet suscite un grand émoi, certaines publications sur les réseaux sociaux appelant à protéger les enfants ont été partagées plusieurs centaines de fois. Une urgence nationale, écrit un internaute sur X.
D'après la police, ce dimanche, les quatorze mis en cause sont accusés de pédophilie en bande organisée, proxénétisme, viol commis sur mineurs de moins de 15 ans, actes contre nature, transmission volontaire du VIH-Sida. Ces personnes seraient membres d'un vaste réseau pédocriminel dont Pierre Robert, un ressortissant français, est présenté comme le commanditaire.
L'affaire choque énormément (Mouhamadou Seck de la Raddho)
De jeunes garçons auraient ainsi été transformés en objets sexuels, contraints d'avoir des rapports sexuels non protégés et filmés avec des hommes pour la plupart séropositifs.
Le combat contre le viol
La Rencontre africaine de défense des droits de l'Homme (Raddho) fait de la lutte contre le viol et la pédophilie au Sénégal un combat. La Raddho propose ainsi de dénoncer sur son site internet des cas de violation. Mouhamadou Seck, son secrétaire général explique pourquoi l'affaire suscite de l'émoi au sein de l'opinion publique.
L'affaire choque énormément. Il y avait une loi, qu'on appelle la loi de 1999 qui a clarifié les actes de pédophilie et de viol parce que cela n'existait pas dans le code pénal sénégalais. La pédophilie, quand elle est avérée, est lourdement sanctionnée par le juge sénégalais. C'est vingt ans de prison quand les faits sont avérés.
Une loi durcie contre le viol et la pédophilie
Le 10 janvier 2020, l'ex-chef de l'Etat Macky Sall a en effet promulgué la loi criminalisant le viol et la pédophilie. Le groupe démantelé ce week-end serait actif depuis 2017. Il se serait spécialisé dans la formation au sexe pour de jeunes garçons, d'après la police. L'enquête a été confiée à la division des investigations criminelles. Docteur Oumoul Khairy Coulibaly est sociologue, maître de conférences à l'Université Cheick Anta Diop de Dakar au Sénégal et experte en genre et inclusion sociale. Elle suggère de s'intéresser davantage aux victimes dont le sort est occulté.
Un salon de coiffure au secours des filles défavorisées
Les victimes sont rarement crues et quand la Justice les croit, il y a très peu de suivi derrière. On pense à la honte que ces majeurs vont créer pour leur famille. Mais encore une fois, on ne pense pas aux victimes. Et moi, c'est ma seule préoccupation, et l'intérêt pour le Sénégal d'avoir un fichier de délinquants sexuels et que ce fichier soit rattaché à des fichiers étrangers.
La Raddho souhaiterait protéger et défendre les intérêts des enfants. L'ONG serait très intéressée pour se constituer partie civile en cas de procès.
A ne pas confondre avec une autre affaire
A noter qu'une autre affaire secoue le Sénégal depuis ce week-end. Douze personnes ont été interpelées par la gendarmerie nationale. Elles sont accusées d'acte contre-nature, de pratiques homosexuelles précisément, de transmission volontaire du VIH-sida par rapports sexuels non protégés et mise en danger de la vie d'autrui.
Parmi les personnes arrêtées, figurent deux célébrités, Pape Cheikh Diallo, animateur radio et télévision, ainsi que le chanteur Djiby Dramé. L'association Stop Homophobie basée en France se dit inquiète après ces arrestations.
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