La Coordination rurale de Côte d’Ivoire (CR-CI) monte au créneau dans le dossier du déstockage du cacao. Lors d’une conférence de presse, son président, Leonard Ehora Yao, a réclamé un audit indépendant sur la gestion des 291 milliards FCFA mobilisés par l’État pour soutenir les producteurs et faciliter l’écoulement des stocks de cacao accumulés durant la récente crise de commercialisation.
Selon le responsable syndical, cette enveloppe exceptionnelle avait pour objectif d’alléger les difficultés rencontrées par les producteurs après l’inventaire des stocks réalisé par le Conseil du Café-Cacao. Toutefois, après plusieurs semaines d’observation sur le terrain, la CR-CI affirme avoir constaté de nombreuses irrégularités dans la mise en œuvre de cette opération.
15px;>Leonard Ehora Yao indique que plusieurs sociétés coopératives officiellement inventoriées détiennent encore d’importants volumes de cacao non enlevés, alors que d’autres coopératives, qui ne figuraient pas sur les listes d’inventaire, auraient bénéficié de l’opération de déstockage. Une situation qu’il qualifie de «floue» et qui, selon lui, mérite des explications de la part des autorités compétentes. «L’État a déboursé plus de 290 milliards FCFA pour sortir la filière de cette crise. Il est donc indispensable de savoir où sont allées ces ressources et si elles ont effectivement bénéficié aux producteurs», a-t -il déclaré.
Le président de la CR-CI rappelle que le Conseil du Café-Cacao dispose déjà d’un système de traçabilité performant permettant de connaître quotidiennement les stocks détenus par chaque société coopérative. À ses yeux, un nouvel inventaire n’était donc pas indispensable, puisque les données étaient déjà disponibles au sein de l’organe de régulation.
La Coordination rurale annonce avoir engagé des démarches auprès du ministère de tutelle et du Conseil du Café-Cacao afin d’obtenir la publication de la liste des coopératives inventoriées, des volumes recensés ainsi que des quantités effectivement enlevées.
Leonard Ehora (Photo d’archives)
Il s’interroge également sur le fait que certaines coopératives, absentes du fichier fonctionnel du Conseil du Café-Cacao, aient pu écouler des volumes supérieurs à ceux de grandes coopératives régulièrement enregistrées. Sans formuler d’accusation directe, Leonard Ehora Yao estime que les dysfonctionnements observés nécessitent un audit afin de situer clairement les responsabilités. Il souhaite notamment déterminer si les fonds publics ont effectivement atteint les producteurs, y compris ceux installés dans les zones rurales les plus reculées.
Interrogé sur la demande de dissolution de l’Organisation interprofessionnelle agricole (OIA) Café-Cacao, formulée récemment par un autre syndicat, le président de la Coordination rurale estime que cette éventualité ne pourra être envisagée qu’à l’issue d’un audit complet. Selon lui, l’OIA n’était pas impliquée dans l’inventaire initial des stocks mais a néanmoins pris en charge la phase opérationnelle du déstockage. Il estime que si des responsabilités sont établies dans la gestion des fonds publics, le Collège des producteurs de l’OIA devra en répondre. Lire la suite sur https://www.informateur.ci/reportages/crise-du-cafe-cacao-la-coordination-rurale-exige-un-audit-des-291-milliards-fcfa-du-destockage/
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