Côte d'Ivoire : Arrêt maladie, absence non justifiée, licenciement pour faute lourde : le cas de la RTI interroge les pratiques RH
Postée le 26-03-2026 / 10 Vues

Lorsqu'une absence prolongée débouche sur une rupture de contrat médiatisée, c'est toute la chaîne de gestion des ressources humaines qui se retrouve sous les projecteurs. Le dossier de la RTI en est l'illustration.

Un salarié ne reprend pas son poste au terme de son arrêt maladie. Les convocations restent sans réponse. L'employeur fait constater les faits par voie d'huissier, engager une procédure disciplinaire et notifier un licenciement pour faute lourde. De leur côté, les équipes RH se regardent. La direction juridique se tient prête. Et l'affaire se termine sur les réseaux sociaux. Ce scénario, des responsables des ressources humaines le vivent, ou le redoutent, dans de nombreuses organisations ivoiriennes. Il s'est produit, début 2026, à la Radiodiffusion Télévision Ivoirienne.

=auto>La présentatrice Anicette Konan a été placée en arrêt maladie du 19 janvier au 8 février 2026. Elle n'a pas repris son poste le 9 février. Les relances de l'employeur sont conservées sans suite. La RTI a mandaté un commissaire de justice pour constater l'absence, puis a engagé la procédure prévue à l'article 18.8 du Code du travail ivoirien. Le 13 mars 2026, le Directeur général, Jean Martial Adou, notifiait officiellement la rupture du contrat pour faute lourde, avec demande de restitution des équipements professionnels.

De son côté, la journaliste a pris la parole publiquement. Dans une vidéo diffusée en ligne, elle conteste la qualification et évoque des arrivées de premières d'habillement. Elle interpelle directement le président de la République. Deux versions d'une même situation s'affrontent ainsi sur la place publique. Ce qui est, en soi, un signal pour tout professionnel RH.

''Lorsqu'un différend de travail sorte du cadre interne pour devenir un débat public, c'est souvent le signe que quelque chose, dans la procédure ou dans le dialogue, n'a pas fonctionné''.

La faute lourde est la qualification la plus sévère du droit du travail. Elle prive le salarié de préavis et d'indemnités de licenciement. Elle implique, selon les principes généraux du droit social, non seulement un manquement grave, mais une intention de nuire à l'employeur. C'est précisément sur ce point que les avis divergents dans ce dossier, et que le risque contentieux s'installe.

Ce qui interpelle ici n'est pas le nom de l'entreprise, ni celui de la salariée. C'est la mécanique du conflit. Une absence prolongée, un silence qui s'installe de part et d'autre, une procédure qui s'emballe. Et au bout, un licenciement contesté devant le grand public. Cette séquence pose des questions concrètes sur la gestion des absences : à quel moment le service RH intervient-il en premier ? Quel type de contact est établi avant toute mise en demeure ? La distinction entre faute grave et faute lourde at-elle été pesée avec un conseil compétent avant notification ? Ces questions ne visent pas à désigner un responsable dans l'affaire de la RTI. Elles invitent chaque organisation à examiner ses propres procédures. Lire la suite sur https://rhmag.ci/details/relations-de-travail-cote-d-ivoire-arret-maladie-absence-non-justifiee-licenciement-pour-faute-lourde-le-cas-de-la-rti-interroge-les-pratiques-rh

 

Mots clés: #Anicette Konan #RTI
Source : Rhmag.ci
Autres articles