Réunie au Plateau, la CODIDGI dénonce des blocages administratifs et le maintien de retraités à la DGI. Ces dysfonctionnements auraient provoqué une moins-valeur fiscale de 120 milliards de FCFA ce trimestre.
Alors que la Direction Générale des Impôts (DGI) affiche des performances en progression, mais en deçà de ses ambitions, la Coordination Dignité (CODIDGI) tape du poing sur la table. Réunie en conférence de presse ce 17 avril 2026 au Plateau, l'organisation syndicale a dressé un réquisitoire sévère contre le fonctionnement interne de l'administration, pointant des failles structurelles à l'origine d'un manque à gagner
de près de 120 milliards de FCFA.
Des bureaux vides, des recettes en berne
Officiellement, la DGI a mobilisé 1 214,2 milliards de FCFA au premier trimestre, sur une prévision de 1 332,6 milliards. Si le résultat grimpe de 9,7% sur un an, il reste insuffisant pour les syndicats. Pour la CODIDGI, ce fossé n'est pas dû à la conjoncture, mais à une paralysie administrative orchestrée.

Faute de nominations officielles au niveau du ministère de tutelle, de nombreux services tournent au ralenti. « Plus d'une centaine de postes de sous-directeurs sont en souffrance. C'est le frein principal à l'atteinte de nos objectifs », déplore Dougrou Michael, secrétaire général de l'ANADGI.
Selon lui, tant que le ministre de l'Économie et des Finances ne signera pas les arrêtés de nomination, le Directeur Général, Ouattara Sié Abou, aura les mains liées pour désigner ses chefs de service sur le terrain.
Le fantôme des retraités
Au-delà de ces lenteurs administratives, c'est la gestion humaine qui suscite la colère. La CODIDGI pointe du doigt un phénomène curieux : des agents censés être à la retraite qui occupent toujours physiquement leurs sièges. Le cas de l'ancien Directeur des Ressources Humaines est, à ce titre, devenu le symbole d'une transition générationnelle en panne.
« Il faut appeler un chat, un chat », tonne Dougrou Michael. « Ce monsieur a reçu six notes d'intérim sur une période de deux semaines alors qu'il est déjà parti ! On demande aux acteurs de l'ombre de lâcher le stylo du DG pour une nomination définitive. »
Pour Konan K. Antoine, Secrétaire Général du SAGI, cette situation est intenable : « Rien ne va, nous sommes au bord d'une implosion silencieuse. En théorie, les gens sont à la retraite, mais ils sont là, même sans prolongation officielle. Il n'y a rien, et cela bloque l'ascension de nos camarades. » Lire la suite sur https://www.linfodrome.com/economie/120507-bureaucratie-et-retraites-fantomes-le-malaise-grandit-aux-impots