Lakota, 29 sept 2026 (AIP) – À Ligrohoin, village situé à 18 km de Lakota, la rentrée scolaire 2026-2027 met en lumière les difficultés auxquelles sont confrontés les élèves des deux écoles primaires publiques de la localité. Effectifs pléthoriques, insuffisance de tables-bancs, absence d’eau potable et dégradation de la cantine scolaire compliquent les conditions d’apprentissage, malgré plusieurs initiatives destinées à améliorer la situation.
Un groupe scolaire sous pression
Les enseignants de l’EPP Ligrohoin 1 avec le directeur Kouamé Kouamé Paul Marius, de
uxième à partir de la gauche
Dans le village de Ligrohoin, dans la sous-préfecture de Lakota, précisément dans le canton Oparéko, le groupe scolaire (GS) Ligrohoin, situé au quartier Djahoué, regroupe deux écoles primaires publiques, l’EPP Ligrohoin 1 et l’EPP Ligrohoin 2.
Selon la chefferie traditionnelle, la localité s’étend sur environ 150 hectares et compte quelque 20 000 habitants.
En cette matinée du 25 septembre 2026, la cour de récréation est particulièrement animée. Une cérémonie de distribution de kits scolaires doit s’y tenir.
Mais derrière cette animation se cachent plusieurs difficultés auxquelles l’établissement est confronté depuis plusieurs années.
Les deux écoles ne disposent notamment pas de clôture. Cette situation favorise les intrusions de motos et le passage de personnes à travers l’espace scolaire.
« Le groupe scolaire est soumis à toutes sortes d’intrusions de motos et de passants du fait de l’absence de clôture », explique le directeur de l’EPP Ligrohoin 1, Kouamé Kouamé Paul Marius.
Une visite des lieux permet également de constater que le domaine scolaire est progressivement grignoté par des habitations voisines.
Avec seulement neuf salles de classe pour accueillir 607 élèves, les deux établissements sont contraints de recourir à la double vacation afin de faire face au manque d’espace.
L’EPP Ligrohoin 1 compte 308 élèves, dont 168 garçons et 140 filles. L’EPP Ligrohoin 2 enregistre 299 élèves, dont 129 garçons et 170 filles.
« Nos effectifs sont pléthoriques et nous manquons cruellement de tables-bancs », déplore le directeur, qui estime à une cinquantaine le nombre de tables-bancs supplémentaires nécessaires.
Le groupe scolaire ne parvient toutefois pas à absorber l’ensemble des besoins en matière d’enseignement primaire dans cette importante localité à forte population issue notamment des pays de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).
Deux écoles primaires privées ont ainsi été ouvertes dans le village.
Eau et hygiène, des défis persistants
Le problème des infrastructures ne se limite pas aux salles de classe.
Le groupe scolaire dispose d’une dizaine de latrines, mais plusieurs d’entre elles sont dans un état de dégradation avancé. Certaines, situées derrière le bâtiment de l’EPP Ligrohoin 1, sont à proximité im
Un aperçu des latrines de l’EPP Ligrohoin en mauvais état
médiate des habitations voisines, donnant l’impression d’une confusion entre l’espace scolaire et les concessions riveraines.
« Les toilettes sont très sales. Ma fille préfère rentrer à la maison pour ses besoins », témoigne Yao Aya Pauline, mère d’élève.
Les enseignants expliquent que l’état des latrines est notamment lié à leur dégradation pendant la période des vacances, dans un établissement qui ne dispose d’aucune clôture.
À cette difficulté s’ajoute l’absence d’eau potable au sein du groupe scolaire. Les élèves doivent se rendre chez des habitants du voisinage lorsqu’ils ont besoin de boire. « Quand nous avons soif, nous allons chez les voisins », raconte Kambiré Jonas, élève en classe de CM1.
Son camarade Gnahoré Prince explique, pour sa part, qu’il dépend de l’eau apportée par son voisin. « Mon voisin apporte de l’eau de la maison, c’est à lui que je demande quand j’ai soif », témoigne-t-il.
Un puits à motricité humaine est actuellement en cours d’installation par le conseil régional du Lôh-Djiboua. L’ouvrage n’est toutefois pas encore fonctionnel. Bien que le village soit électrifié, le groupe scolaire ne bénéficie pas encore de l’électricité.
Une cantine scolaire sans toiture
Dans la cour de l’établissement, un autre bâtiment attire l’attention. Il s’agit de la cantine scolaire, dont la toiture a été emportée par un orage. Le bâtiment se retrouve ainsi sans couverture, portes ni fenêtres, privant les élèves d’un espace destiné à la restauration scolaire.
« Notre cantine est en souffrance. Nous demandons de l’aide au gouvernement », plaide Dakouri Djaléga Arsène, vice-président du comité de gestion (COGES) de l’établissement. Lire la suite sur https://www.aip.ci/cote-divoire-aip-a-ligrohoin-lakota-des-conditions-dapprentissage-difficiles-malgre-des-initiatives-pour-ameliorer-la-rentree-scolaire-reportage-focus/
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