Cameroun : 5 971 agents publics \"fictifs\" sommés de justifier leur présence au pays
Postée le 18-09-2026 / 23 Vues

Au Cameroun, plus de 5 971 agents sont fictifs au sein de l’Administration Biya. Depuis Yaoundé, le ministère des Finances a repéré ces fonctionnaires considérés comme ne résidant plus au Cameroun, après exploitation des données frontalières. Les agents concernés ont jusqu'au 31 octobre 2026 pour clarifier leur situation auprès des services compétents.

A titre conservatoire, leurs rémunérations sont affectées à la Trésorerie-Paierie Générale de Yaoundé I pour septembre et octobre. Trois pièces sont exigées pour leur régularisation notamment la photocopie du passeport, le motif du voyage à l'étranger et l’attestation de présence effective au poste de moins de trois mois. Passé le 31 octobre, les agents n'ayant pas justifié leur situation seront considérés comme ayant abandonné leur poste et sus pendus du fichier solde de l'État.

Le ministère des Finances, dirigé par Louis Paul Motaze, a identifié 5 971 agents publics toujours considérés comme ne résidant plus au Cameroun. L'information résulte de l'exploitation des données sur les mouvements aux frontières. Autrement dit, le croisement des fichiers a parlé de fonctionnaires inscrits dans les registres de l'État apparaissent comme ayant quitté le territoire, parfois depuis longtemps. La machine administrative s'est mise en marche, et elle ne compte pas s'arrêter en si bon chemin. Les agents concernés disposent des mois de septembre et octobre 2026 pour clarifier leur situation. Un ultimatum à peine voilé.

La mesure conservatoire de Yaoundé

À titre conservatoire, les rémunérations des agents visés seront affectées à la Trésorerie-Paierie Générale de Yaoundé I durant les mois de septembre et octobre. Concrètement, leur salaire ne tombera plus sur les comptes habituels. Pour percevoir leur dû, ils devront se présenter physiquement à la Direction de la Dépense de Personnel et des Pensions (DDPP), au ministère des Finances. Il s'agit de prouver qu'on est bien là. Les pièces à fournir disent tout de la méthode : photocopie du passeport, motif du voyage à l'étranger et attestation de présence effective au poste datant de moins de trois mois. Trois documents, trois preuves. Le premier pour vérifier les entrées et sorties du territoire, le deuxième pour connaître la raison du départ, le troisième pour confirmer que l'agent occupe bien son poste. Un triptyque qui ne laisse guère de place à l'improvisation.

L’examen au cas par cas

Selon la décision du ministre des Finances, ces documents permettront aux services compétents d'examiner la situation administrative de chaque agent. Et, le cas échéant, de délivrer un quitus autorisant la perception de la rémunération. Le mot est important : « quitus ». Il signifie que l'État ne se contente pas d'un simple justificatif, il valide. Après examen, l'agent peut repartir avec son autorisation en poche, ou repartir les mains vides. Tout dépendra des pièces présentées et de la réalité qu'elles attestent.

Cette démarche s'inscrit dans une logique plus large d'assainissement des fichiers de la solde. Les données frontalières ont permis de repérer des profils suspects. Reste à savoir combien, parmi les 5 971 agents, se trouvent réellement en situation irrégulière. Car être à l'étranger ne signifie pas nécessairement être en faute. Un congé, une formation, une mission prolongée peuvent expliquer une absence. Mais l'État camerounais veut des preuves, pas des présomptions.

Passé le 31 octobre 2026, les agents n'ayant pas justifié leur situation seront considérés comme ayant abandonné leur poste. Conséquence immédiate : leur rémunération sera suspendue du fichier solde de l'État, conformément aux mesures d'assainissement en vigueur. Une exclusion du registre qui équivaut à une radiation de fait. L'agent perd son salaire, et probablement son emploi. La porte se ferme. L’ « abandon de poste » a une portée juridique précise et ouvre la voie à des procédures disciplinaires. Pour l'administration, il s'agit de couper court aux situations ambiguës qui traînent depuis des années. Pour les agents concernés, l'heure est à la mobilisation. Ceux qui ont un motif valable ont intérêt à réunir leurs pièces au plus vite. Ceux qui n'en ont pas devront s'attendre à des lendemains difficiles. Lire la suite sur https://www.linfodrome.com/international/125528-cameroun-5-971-agents-publics-fictifs-sommes-de-justifier-leur-presence-au-pays

 

Source : LINFODROME
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